ESMO 2017

Éditorial

Une nouvelle feria oncologique s’est ouverte à Madrid ce vendredi et la chaleur ambiante (32°C) n’a pas dissuadé les congressistes d’assister aux premières sessions qui ont démarré sur les chapeaux de roue. C’est à peine si, au gré des arrivées des vols, chacun a pu assister à la première session orale « cancer du sein » programmée en début d’après-midi et qui était consacrée aux stades précoces. Nous ne dévoilerons pas ici, bien sûr, le détail des travaux présentés, que vous pourrez découvrir au fil des brèves quotidiennes réalisées par nos jeunes rédacteurs, ainsi qu’en visionnant les interviews des experts, dont dans certains cas les orateurs de la plénière.

En situation néo-adjuvante, l’émergence des thérapies ciblées a permis de faire revivre une thématique un peu ancienne : l’hormonothérapie, avec notamment une focalisation sur le cas particulier des tumeurs Luminal B. On sait que les tumeurs RH+/Her2 négatives ne bénéficient pas toujours de la chimiothérapie néo-adjuvante et que, dans ce sous-groupe, la corrélation pCR/survie n’est pas totalement élucidée. Il est donc utile d’explorer, dans ce cadre, l’apport des inhibiteurs de PI3KCA et de CDK4/6, en association à l’hormonothérapie. C’est l’objet de l’étude NEOPAL qui a comparé l’association létrozole + palbociclib à une chimiothérapie séquentielle anthracycline/taxane, avec un objectif principal séduisant : le Residual Cancer Burden (RCB), l’idée étant de montrer que l’association permet d’obtenir 20 % de RCB 0-I à l’issue de la chirurgie. L’étude LORELEI a comparé la combinaison taselisib + letrozole au letrozole, avec comme critère d’évaluation la combinaison réponse radiologique (IRM) + pCR. Dans les deux cas, les résultats sont un peu décevants, avec en particulier des taux de pCR faibles, même si l’apport des thérapies ciblées semble intéressant. Des études plus larges restent à réaliser.

Au chapitre des redites, l’actualisation à 5 ans de l’étude EXTENET confirme l’apport du neratinib post-trastuzumab en situation adjuvante et l’analyse du sous-groupe « N0 » de MINDACT confirme l’apport de la signature Mammaprint, notamment pour certaines patientes à faible risque clinique et haut risque génomique, y compris RH+, qui bénéficient de la chimiothérapie adjuvante.

Au chapitre des déceptions, l’association anastrozole + fulvestrant 250 en adjuvant n’est pas supérieure à l’anastrozole seul, mais cet essai n’a pas atteint son objectif en termes d’inclusions et utilise une posologie de fulvestrant probablement non optimale. Passons.

A demain pour de nouvelles aventures.

Gilles FREYER

Éditorial

A peine arrivés, pour beaucoup avec du retard, les sessions d’uro-oncologie ont débuté classiquement par la prostate. En Juin 2017, à l’ASCO, l’acétate d’abiratérone rejoignait le docétaxel (CHAARTED, STAMPEDE) sur le podium du traitement des patients atteints de cancer de la prostate métastatique hormonosensible (STAMPEDE, LATITUDE), ébranlant les guidelines, et déclenchant de multiples interrogations sur le choix thérapeutique optimal en 2018. De plus près, trois questions évidentes se posent : quel agent doit être choisi en première intention ? Existe-t-il un effet séquence ? Y a-t-il une place pour la combinaison de l’hormonothérapie de seconde génération et de la chimiothérapie d’emblée ? L’amendement de l’essai PEACE 1 permettra d’apporter quelques éléments de réponse dans le futur.

La présentation du Dr Sydes ce jour, ne permet pas de conclure mais donne quelques éléments de réflexion. Cette comparaison d’efficacité et de tolérance des patients de haut risque (métastatiques pour 60 % des cas) inclus dans les bras déprivation androgénique et abiratérone (n = 377), et déprivation androgénique et docétaxel (n = 189) reste limitée sur le plan statistique. Il ressort que le bénéfice de l’abiratérone en termes de réponse biologique est supérieur au docétaxel, que les 2 molécules apportent le même bénéfice en termes de réponse radiologique ou d’évènement osseux, sans qu’une différence ne soit observée en termes de survie globale non plus. Difficile d’en dire plus… Sur le plan qualité de vie, les données de l’essai LATTITUDE confirment que l’ajout de l’abiratérone retarde la détérioration des divers critères classiquement analysés, comparé au placebo. Autre situation, autre question, quelle est la place du docétaxel chez les patients en rechute biologique, à haut risque, après traitement local ? Résultats de l’étude, ouverte en 2003, présentée par le Pr Oudard, comparant déprivation androgénique seule et déprivation et docétaxel, négatifs…bonne nouvelle la survie globale n’est pas mature, avec un suivi à 10,5 ans, ce qui est plutôt un point positif pour nos patients.

Le vent de fraîcheur a soufflé avec la présentation par le Dr Hofman d’une étude prospective de théranostique (ou comment combiner diagnostique et thérapeutique) grâce au PSMA. Il s’agit d’une étude monocentrique sur 30 patients, néanmoins intéressante, et justifiant de la poursuite de l’exploration de cette approche, sans doute rapidement en combinaison et en séquentiel avec les désormais plus classiques molécules telles que le docétaxel, mais aussi l’enzalutamide, et l’abiratérone.

Marine GROSS-GOUPIL

Interview


STAMPEDE :
Nouvelles données

Karim FIZAZI

Interview

Essai UNICANCER – NEOPAL néoadjuvant, Letrozole + palbociclib vs chimiothérapie
de 3ème génération 

Paul COTTU

Interview

Rechute biologique des cancers localisés à haut risque post prostatectomie ou radiothérapie : Enseignements de l’essai randomisé français
R-PSA-CP03

Stéphane OUDARD

Interview

Toutes les petites tumeurs N0
ne sont pas égales,
étude ancillaire MINDACT

Jean-Yves PIERGA

Interview

THERANOSTIC
targeted THERApeutic + diagNOSTIC companion
177 LU-PSMA-617   68 GA-PSMA-11 PET/CT

Marine GROSS-GOUPIL

Interview


Essai ExteNET,
bénéfices confirmés à 5 ans

Suzette DELALOGE

L’œil de l’interne

Cancer de Prostate métastatique résistant à la castration : évaluation des anomalies dans les voies de réparation de l’ADN et impact sur la survie spécifique

Les mutations germinales affectant les gènes impliqués dans les voies de réparation de l’ADN concernent 11,2 % des patients atteints de cancer de prostate métastatique (1). Une autre série a montré que les mutations germinales de BRCA1/2 étaient associées à…

Waisse WAISSI

L’œil de l’interne

Essai LORELEI : le taselisib associé au letrozole augmente la réduction tumorale en néoadjuvant de cancer du sein RH+/Her2-

Le Taselisib est un inhibiteur alpha sélectif de la voie PI3K. In vitro, il permet de contrecarrer la résistance au letrozole pour des cellules de cancer du sein RH + (1).

L’objectif principal de cette étude est composite et…

Aurore VOZY

RÉDACTEURS EN CHEF

Pr Gilles FREYER
CHU de Lyon

Dr Marine GROSS-GOUPIL
CHU de Bordeaux

RÉDACTEURS

Aurore VOZY
Gustave-Roussy, Villejuif
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Waisse WAISSI
Centre Paul Strauss, Strasbourg