ESMO 2017

Éditorial

Le climat madrilène s’adoucit sensiblement, mais l’enthousiasme des congressistes ne se dément pas. Il faut sans doute rappeler, au moment même où l’arrivée de la Vuelta constitue l’évènement du jour dans la capitale et où le énième succès d’un champion bien peu charismatique semble assuré, que la passion demeure un excellent dopant, bon marché et sans grand risque.

Les présentations – orales et posters – consacrées au cancer du sein métastatique entre hier après-midi et ce matin, n’ont pas apporté de grande nouveauté mais, au moment où ces lignes sont écrites, nous attendons il est vrai la présentation, en session présidentielle cet après-midi, des résultats de l’étude Monarch 3 qui complétera le panorama global des CDK4/6 inhibiteurs avec l’abemaciclib. Ce médicament semble se positionner un peu différemment des « jumeaux » palbociclib et ribociclib, à la fois sur le plan pharmacologique et clinique. Confirmation en séance.

S’agissant des « brèves », notre interne rédactrice a choisi la présentation/discussion d’un poster (Pivot X, et al. Abstract 153 PD) qui pourrait sembler anodin alors que l’impact de ce nouveau paradigme sur notre pratique sera probablement majeur dans les années à venir : il s’agit de l’étude de non-infériorité du SB3, biosimilaire de trastuzumab en situation néo-adjuvante. On passera sur le fait que le design choisi est le même que celui de l’étude HANNAH qui, on s’en souvient, avait permis la commercialisation du trastuzumab SC – taxane + trastuzumab puis anthracycline + trastuzumab – schéma que personne n’utilise en pratique quotidienne. Le résultat est là : les différents bio-similaires du trastuzumab (au nombre de 5) ont produit des résultats cliniques très proches de ceux du produit princeps, en situation néo-adjuvante et métastatique. Il faut au contraire nous rendre compte que le choix est déjà fait, par les payeurs, de réaliser des économies de santé relativement importantes (quelques centaines de millions d’euros chaque année en France) par l’utilisation généralisée des bio-similaires d’anticorps monoclonaux. Les débats scientifiques (bio-similarité, extrapolabilité des indications, marges de non-infériorité…) et éthiques (indications « curatives », information des patients) soulevés sont passionnants, mais ne doutons pas qu’ils s’effaceront devant la raison d’Etat économique. Il reste aux cliniciens à demeurer impliqués dans les choix locaux (institutionnels) à venir et à ne surtout pas s’effacer devant les pharmaciens-acheteurs des établissements de soins et les bureaucrates des agences.

Gilles FREYER

Éditorial

En attendant…Checkmate 214…

Deuxième journée de congrès, et déjà l’arrivée des immunothérapies dans les tumeurs urologiques, hors prostate. Pour être précis, il s’agit davantage de l’entrée des combinaisons immunocheckpoints et thérapies ciblées anti-angiogéniques.

Présentée antérieurement à l’ESMO 2016, la première intervention a porté sur l’actualisation des données d’efficacité et de tolérance de la phase I cabozantinib + nivolumab et cabonivo + ipilimumab dans les tumeurs urologiques. La seconde a porté sur les données poolées de phase Ib-II de l’association lenvatinib + pembrolizumab (20 mg per os/jour ; 200 mg/3 semaines IV respectivement). Ces résultats permettent de renforcer notre enthousiasme, comme le souligne Laurence Albigès, sur le plan efficacité. Reste qu’il faut raison garder vu la petite taille des cohortes de patients hypersélectionnés (30 patients pour les phases Ib-II poolées ; 24 patients pour cabozantinib + nivolumab ; 18 pour cabonivo + ipilimumab). Quant au profil de toxicité, certes manageable dans cette population, il laisse un peu perplexe quant à une prescription en routine…

Pour les questions spécifiques de la prise en charge du cancer du rein, les données présentées ne répondent malheureusement pas à la question posée (place de la néphrectomie précoce ou retardée en situation métastatique ; essai SURTIME), mais laissent entrevoir que la place de la chirurgie première sur son pied d’estale est un peu ébranlée, en attendant les résultats de CARMENA… La seconde étude a, quant à elle, répondu à une question que l’on ne se pose plus depuis quelques années avec l’arrivée de multiples agents (axitinib, cabozantinib, nivolumab…). L’essai SWITCH-II comparait en effet les survies sans progression cumulées (c’est- à-dire des 2 séquences), et la survie globale des séquences pazopanib-sorafénib versus sorafénib-pazopanib. Seul message vraiment utile : l’absence de toxicité cumulative et l’observation d’une tolérance meilleure en 2nde ligne quel que soit l’agent, comparée à la première ligne.

Marine GROSS-GOUPIL

Interview

Cancers Génito-urinaires, avec quoi associer le cabozantinib ?

Antoine THIERY-VUILLEMIN

Interview

LORELEI, un inhibiteur de la PI3K testé en néoadjuvant dans le cancer du sein

Gilles FREYER

Interview

SURTIME : le moment optimal de la néphrectomie de cytoréduction reste à déterminer

Géraldine PIGNOT

Interview

Le pan HER inhibiteur poziotinib trouvera-t-il une place dans notre arsenal thérapeutique ?

Philippe BARTHELEMY

Interview

Cancer du rein, impact d’une association thérapie ciblée + immunothérapie

Delphine BORCHIELLINI

Interview

TILS et réponse au pembrolizumab : les apports de l’étude KEYNOTE-086

Luis TEIXEIRA

L’œil de l’interne

SWITCH-II : Essai randomisé de phase III évaluant l’efficacité et la tolérance de la séquence sorafénib-pazopanib comparativement à la séquence pazopanib-sorafénib dans le traitement des cancers du rein métastatiques

En 2015, l’essai SWITCH-I montrait chez les patients traités pour un cancer du rein métastatique (mRCC) que le temps jusqu’à progression n’était pas statistiquement différent entre le groupe de patients recevant un traitement séquentiel par sorafénib-sunitinib ou recevant la séquence inverse sunitinib-sorafénib (1).

Waisse WAISSI

L’œil de l’interne

L’aménorrhée induite sous traitement anti-Her2 adjuvant : facteur de bon pronostic chez les patientes RH+/HER2+

L’impact du trastuzumab sur les fonctions gonadiques n’est pas clairement explicité mais son adjonction à la chimiothérapie majore le taux d’aménorrhée.

Des données issues de l’étude ALTTO ont été récoltées pour apporter de nouvelles informations sur l’aménorrhée sous anti-HER2 (TIA pour treatment induced amenorrhea) et son impact sur la survie.

Aurore VOZY

RÉDACTEURS EN CHEF

Pr Gilles FREYER
CHU de Lyon

Dr Marine GROSS-GOUPIL
CHU de Bordeaux

RÉDACTEURS

Aurore VOZY
Gustave-Roussy, Villejuif
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Waisse WAISSI
Centre Paul Strauss, Strasbourg