ESMO 2017

Éditorial

Le calme revient peu avant la fin. Aujourd’hui, matinée Highlights pour ceux qui souhaitent retirer la substantifique moëlle des présentations de ces derniers jours, toutes tumeurs confondues. Difficile, en effet, vu la richesse du programme de pouvoir suivre l’ensemble des avancées, petites ou grandes, dans l’ensemble des pathologies, hormis pour les présentations retenues en session présidentielle. Pourtant, cette transversalité est essentielle et fait là encore une des richesses de l’oncologie.

En attendant, ce lundi permet de se poser pour approfondir des sujets tels que l’hétérogénéité tumorale, dans le cancer de la vessie ainsi que dans le cancer du rein. Les classifications moléculaires sont-elles la clé du succès de traitement, dans un but pronostic déjà rapporté, mais surtout dans un objectif enfin prédictif permettant de sélectionner le bon traitement pour le bon patient, et enfin dire adieu à l’incontournable « one size fit all » de la pratique quotidienne, hors cancer du poumon ?

Dans cette logique de médecine personnalisée, la complexité mais également les forces des essais précoces, élaborés ces dernières années, de sélection de patients, indépendamment de l’origine de la tumeur primitive, mais en fonction de l’anomalie  moléculaire révélée par screening, plus ou moins large, ont été exposées par Christophe Massard.

La dernière session prostate a quant à elle refait le point sur le cancer de la prostate non métastatique et sa prise en charge. Karim Fizazi a ainsi rappelé le standard du traitement hormonal intermittent en situation de rechute biologique, les limites des examens de routine de dépistage que sont scanner thoraco-abdominal et scintigraphie osseuse. Le futur résidera potentiellement dans le PET-PSMA, l’IRM corps entier, sous réserve de l’accessibilité à ces examens. Dans ce chamboulement des timing d’initiation des agents thérapeutiques, il était bon de rappeler que la place des hormonothérapies de seconde génération (enzalutamide, abiratérone) en situation résistante à la castration non métastatique ne sera connue qu’à l’issue de l’analyse des essais de phase III en cours. Pour rappel, l’essai PROSPER (déprivation androgénique + enzalutamide ou placebo) a bénéficié d’une anticipation des résultats qui devraient être présentés fin 2017 et de fait anticipés de près de 2 ans sur le programme initial.

Hasta pronto Madrid (A bientôt Madrid)…bis sehr bald München (A très vite Munich) 2018.

Marine GROSS-GOUPIL

Interview

CABOSUN : la confirmation de la revue indépendante

Toni CHOUEIRI

Interview

Etude TONIC : augmenter la réponse immune, c’est possible

Véronique DIERAS

Interview

IMmotion150 : actualisation et application des critères IMRECIST

Laurence ALBIGES

Interview

BEECH : quelle place pour les inhibiteurs de l’AKT en situation métastatique ?

Benoit YOU

Interview

Immunothérapie : sur la piste de marqueurs prédictifs et pronostiques

Marine GROSS-GOUPIL

Interview

Etude de l’impact pronostique et prédictif des signatures moléculaires

Gilles FREYER

L’œil de l’interne

Actualisation des résultats de l’essai CABOSUN (cabozantinib vs sunitinib) en première ligne des cancers du rein métastatiques : La revue centralisée par un comité indépendant confirme l’amélioration de la survie sans progression

Le cabozantinib est un inhibiteur de tyrosine kinase (TKI) ciblant AXL, VEGFR-2, MET, et ayant montré un bénéfice en survie globale comparativement à l’évérolimus chez des patients précédemment traités par un anti-angiogénique pour un…

Waisse WAISSI

L’œil de l’interne

Peut-on utiliser les biosimilaires du trastuzumab pour nos patientes Her2+ en néo-adjuvant ?

Les biosimilaires se sont développés dans de nombreuses disciplines et les laboratoires se tournent désormais vers le domaine de l’oncologie. Le trastuzumab, dont l’AMM date de 2000, est le premier à être imité.

Tout d’abord le développement d’un biosimilaire est un processus long qui commence par la création d’une molécule identique sur le plan structurel, biologique et immunologique. Vient ensuite la phase de similarité pharmacodynamique et pharmacocinétique. Enfin, les posters présentés correspondent aux données cliniques d’efficacité et de tolérance.

Les traitements anti-HER2 sont couteux et la possibilité d’utiliser des biosimilaires permettrait de réduire ces coûts. Les oncologues médicaux doivent donc bien connaitre ces nouvelles molécules et les études de non infériorité (et de significativité soit la marge d’infériorité acceptable) qui permettent leur…

Aurore VOZY

L’œil de l’interne

La préservation de la fertilité : un enjeu majeur chez nos patientes porteuses d’un cancer du sein localisé

Les cancers du sein des patientes jeunes sont souvent biologiquement plus agressifs et traités en conséquence. L’infertilité chimio-induite est très fréquente et représente un enjeu de taille. Les possibilités de préservation ovarienne sont diverses et doivent être discutées avec les patientes avant de débuter le traitement (cryopréservation d’ovocyte, de tissu ovarien ou encore mise au repos par analogue de la LHRH durant la chimiothérapie).

L’étude PREFER est une cohorte prospective multicentrique observationnelle qui vise à mieux connaitre l’épidémiologie de l’infertilité chimio-induite et le désir des patientes en termes de prise en charge. 131 patientes ont été inclues, avec un…

Aurore VOZY

L’œil de l’interne

Efficacité et tolérance du radium-223 combiné au pazopanib ou sorafénib dans le traitement des métastases osseuses de carcinomes rénaux

Environ 30 % des patients atteints d’un carcinome rénal présentent des métastases osseuses, facteur pronostic défavorable. Le traitement de référence en première ligne du carcinome rénal avancé ou métastatique est actuellement un inhibiteur de tyrosine kinase ciblant le VEGFR. Cependant leur activité reste limitée sur les métastases osseuses. Le Radium-223 (Rad) est un émetteur alpha ciblant les…

Waisse WAISSI

RÉDACTEURS EN CHEF

Pr Gilles FREYER
CHU de Lyon

Dr Marine GROSS-GOUPIL
CHU de Bordeaux

RÉDACTEURS

Aurore VOZY
Gustave-Roussy, Villejuif
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Waisse WAISSI
Centre Paul Strauss, Strasbourg